Pinceaux japonais
Le pinceau japonais.
Le pinceau est considéré au Japon, pareillement à toute l’Asie d’ailleurs, comme l’un des quatre trésors de l’érudit, du lettré. Ces trésors pour le savant (à l’époque antique), sont le pinceau appelé Fude, le papier nommé Washi, l’encre appelée Sumi et la pierre à encre nommée Suzuri.
La voie de l’écriture, tel est la signification de Shodo en japonais. Ce terme japonais désigne la transcription verbale à l’aide d’un pinceau (Fude) sur un support solide (Washi). Véritable moyen de méditation, cet art permet de transcender, d’aller au-delà du traçage des mots pour atteindre le plus profond de l’être. Considéré comme au Japon comme un don des dieux, les idéogrammes sont le reflet de celui qui les retranscrit, le geste, la plénitude de l’émotion et le sens du caractère confère au calligraphe par l’entremise du pinceau, le chemin qui mène à la connaissance divine.
Dotés, selon une croyance séculaire, d’une substance énergétique nommée KI, les idéogrammes japonais réalisés à l’aide de pinceaux spéciaux pour la calligraphie, ornent le mur des maisons par une inscription de bienveillance pour les occupants et les visiteurs se présentant à ces mêmes maisons. L’art calligraphique au soleil levant est incontournable dans le quotidien, puisqu’on le retrouve à toutes les étapes de la vie, pour une naissance, un mariage ou encore un enterrement.
De nos jours et dans nos sociétés occidentales, la calligraphie japonaise est devenue un loisir créatif, mais cette discipline artistique et antique reste pour certaines personnes une philosophie et un travail de l’esprit sur le corps. Le pinceau est le prolongement de l’équilibre mental, il est le prisme par lequel s’exerce la sérénité, la compréhension et la nature de notre condition face à un environnement que l’homme se doit de parfaire.